À partir de 60 ans, les hommes deviennent particulièrement attentifs à leur santé urinaire et sexuelle. Cela s’explique notamment par l’évolution naturelle de la prostate, une petite glande située sous la vessie et qui, avec l’âge, devient souvent le siège de problèmes fréquents. Dysfonctionnements urinaires, inflammation ou cancers : mieux comprendre les risques liés à la prostate permet non seulement de dépister tôt, mais aussi de mieux vivre cette étape du vieillissement. À travers des données scientifiques et des recommandations pratiques, faisons le point sur ce que chaque homme devrait savoir.
La prostate : une glande essentielle souvent méconnue
La prostate joue un rôle clé dans la reproduction masculine, en contribuant à la production du liquide séminal. Avec l’âge, elle tend à augmenter de volume, un phénomène appelé hyperplasie bénigne de la prostate (HBP). Selon une étude publiée dans The Journal of Urology, plus de 50 % des hommes de 60 ans et presque 90 % des hommes de plus de 85 ans présentent une HBP.
Bien que l’HBP soit bénigne, elle peut entraîner des gênes urinaires importantes :
- besoin d’uriner plus fréquent, surtout la nuit (nycturie) ;
- jet urinaire faible ou interrompu ;
- sensation de vidange incomplète de la vessie.
Ces symptômes, parfois confondus avec des troubles « normaux de l’âge », doivent pourtant être évalués par un professionnel de santé.
Le cancer de la prostate : un risque à ne pas négliger
Le cancer de la prostate est l’un des cancers les plus courants chez l’homme. En France, en 2024, il représentait près de 50 000 nouveaux cas par an, principalement chez les hommes de plus de 65 ans. Le risque augmente avec l’âge : environ 1 homme sur 8 sera concerné au cours de sa vie.
Les principaux facteurs de risque sont bien documentés :
- Âge avancé (la majorité des diagnostics après 65 ans) ;
- Antécédents familiaux de cancer de la prostate ;
- Origine ethnique (risque plus élevé chez les hommes d’origine afro-caribéenne) ;
- Facteurs hormonaux et génétiques.
Le dépistage repose principalement sur deux examens :
- le toucher rectal, permettant d’évaluer la consistance de la prostate ;
- la mesure du PSA (antigène prostatique spécifique) dans le sang, un marqueur dont l’élévation peut signaler une anomalie.
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Quand s’inquiéter ? Signes et symptômes à surveiller
Chez les hommes de plus de 60 ans, certains signes doivent inciter à consulter rapidement :
- difficultés à uriner ou sensation de brûlure ;
- sang dans les urines ou le sperme ;
- douleurs pelviennes persistantes ;
- troubles de l’érection associés à des symptômes urinaires.
Attention : un taux de PSA élevé n’est pas systématiquement synonyme de cancer. Il peut aussi refléter une inflammation (prostatite) ou une hypertrophie bénigne. Mais dans tous les cas, une élévation doit être explorée par un urologue.
Prévention et bonnes pratiques : ce que dit la science
Si l’on ne peut pas empêcher totalement les modifications de la prostate liées à l’âge, certains comportements peuvent réduire les risques :
1. Surveillance régulière après 50 ans
De nombreuses sociétés savantes, comme l’Association Française d’Urologie, recommandent un dépistage personnalisé entre 50 et 75 ans, avec un bilan annuel comprenant PSA et toucher rectal, surtout en cas de facteurs de risque.
2. Alimentation équilibrée
Des études suggèrent qu’une alimentation riche en antioxydants, en oméga-3 et faible en graisses saturées peut avoir un effet protecteur. Les aliments comme les tomates (lycopène), les poissons gras et les légumes verts sont souvent cités.
3. Activité physique régulière
Une méta-analyse de PLOS ONE indique qu’une activité physique modérée (marche rapide, natation, vélo) plusieurs fois par semaine est associée à un risque réduit de problèmes urinaires et peut améliorer la qualité de vie après un diagnostic.
4. Maintenir un poids sain
L’obésité est associée à une progression plus rapide des troubles prostatiques. Une prise en charge nutritionnelle et physique adaptée est donc essentielle.
Parmi les solutions et prises en charge modernes
La médecine de demain offre des solutions mieux tolérées et moins invasives pour les seniors :
- Techniques mini-invasives pour l’HBP, comme la résection transurétrale ou les traitements laser ;
- Surveillance active du cancer de la prostate, réduisant les surtraitements chez les hommes âgés ;
- Thérapies ciblées et immunothérapie en cas de formes plus agressives.
De plus, le rôle des suivis multidisciplinaires (urologue, oncologue, nutritionniste, physiothérapeute) permet une prise en charge globale du patient, prenant en compte non seulement la maladie, mais aussi la qualité de vie et le confort.
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Conclusion : comprendre pour mieux agir
Les troubles de la prostate sont fréquents chez les hommes de plus de 60 ans, qu’ils soient bénins ou plus préoccupants comme le cancer. Les données scientifiques montrent que la prévention, l’écoute des symptômes et un dépistage adapté sont des atouts essentiels pour améliorer les résultats cliniques.
Parler de la prostate sans tabou, consulter régulièrement et adopter un mode de vie sain sont des démarches qui permettent non seulement de réduire les risques, mais aussi de vivre plus sereinement son vieillissement. Avec les avancées médicales et une prise en charge personnalisée, les hommes concernés disposent désormais de véritables outils pour protéger leur santé prostato-urinaire.
En matière de prostate comme de santé globale, l’information et la prévention restent les meilleurs alliés des seniors.
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